Optimisation des processus : guide pratique pour passer à l’action
Guide pratique de l’optimisation des processus : hiérarchisez les pistes d’amélioration, établissez un plan de mise en œuvre, testez les changements par simulation et pérennisez les résultats.
L’optimisation des processus consiste à transformer les constats sur le travail réel en changements planifiés et testés. Pour passer à l’action, définissez le résultat attendu, associez les personnes qui pilotent et réalisent le travail, hiérarchisez les pistes d’amélioration, établissez un plan avec des responsabilités précises, testez le changement envisagé, puis suivez les résultats après sa mise en place.
Si vous avez repéré un goulot d’étranglement ou une source de reprises, la question ne se limite pas à ce qu’il faut changer. Vous devez savoir si le changement en vaut la peine, qui peut l’approuver et le mettre en œuvre, et comment vous en évaluerez les résultats. Ce guide vous accompagne de l’analyse à la mise en œuvre, sans présenter une idée prometteuse comme un résultat déjà démontré.
De l’analyse à l’action : un écart à combler
Vous avez analysé votre processus et repéré des possibilités d’amélioration. Les faits sont peut-être clairs, mais ils ne suffisent pas à changer la façon dont le travail est effectué.
Les connaissances sur les processus sont souvent dispersées entre les journaux d’événements, les documents, les diagrammes et les personnes qui effectuent le travail. L’analyse peut montrer où les cas attendent ou empruntent des parcours inattendus. Pour transformer ces constats en changements, il faut encore prendre des décisions, attribuer les responsabilités et assurer le suivi.
Cet écart est fréquent. L’analyste qui repère une possibilité n’est pas forcément responsable du processus, ne maîtrise pas le budget ou n’a pas le pouvoir de modifier un système. Les personnes en mesure d’agir peuvent avoir besoin d’en comprendre les effets avant de s’engager.
Nous avons vu cette situation se répéter. Une analyse révèle de réelles possibilités d’amélioration, et l’on suppose que des mesures suivront rapidement. Pourtant, le travail s’arrête souvent là : le centre d’excellence dispose des éléments nécessaires, mais pas du pouvoir d’agir, et les responsables métier qui pourraient intervenir ne se sont pas engagés. Associez les responsables du processus dès le premier échange. Si vous ne parvenez pas à les réunir, choisissez un autre processus pour commencer. Une analyse qui ne débouche sur aucun changement est une perte de temps.
L’objectif est de passer d’un constat à une décision, puis d’une décision à un changement testé. L’optimisation des processus ne s’achève pas à la publication d’un Dashboard ou à l’approbation d’une proposition. Vous devez comparer les résultats à la référence initiale et continuer à surveiller tout recul éventuel.
Cet article s’inscrit dans un cycle d’amélioration pratique. Commencez par analyser votre processus, puis suivez ce guide pour planifier et tester un changement. Après son déploiement, consultez le guide sur la surveillance continue de votre processus.
Avant de commencer : le processus mérite-t-il d’être amélioré ?
Avant de demander des ressources, vérifiez si la possibilité d’amélioration est suffisamment précise pour justifier un projet. Une description claire du problème vous évitera d’investir dans un processus sans résultat convenu ni responsable clairement désigné.
Posez-vous trois questions :
- Quel résultat souhaitez-vous améliorer ? Définissez un résultat mesurable, comme le temps de cycle, le coût par cas, le taux de reprises ou le respect des SLA. Précisez les cas concernés et, si vos données le permettent, estimez l’ampleur de la possibilité d’amélioration.
- Pouvez-vous établir une référence utile ? Vérifiez que le processus et ses données sont suffisamment cohérents pour permettre une comparaison avant et après. Si le processus évolue souvent, réduisez le périmètre ou tenez compte de ces changements dans vos mesures.
- Qui peut prendre la décision et répondre du résultat ? Identifiez la personne responsable du résultat du processus ainsi que les personnes qui peuvent approuver ou mettre en œuvre le changement proposé. Si personne ne peut agir à partir du constat, clarifiez les responsabilités avant d’en faire un projet de mise en œuvre.
Une possibilité d’optimisation intéressante relie un problème opérationnel à un résultat mesurable et à une personne décisionnaire. S’il manque l’un de ces éléments, clarifiez le périmètre avant de vous engager dans une solution.
Vérifiez également si certaines contraintes pourraient empêcher une modification. Un parcours plus court peut avoir des conséquences sur la conformité, la qualité de service, la charge de travail ou les résultats d’une autre équipe. Définissez ce qui ne doit pas se dégrader, en plus de la métrique que vous souhaitez améliorer.
Étape 1 : associez les bonnes personnes
La personne qui repère une possibilité d’amélioration n’est pas toujours celle qui peut l’approuver ou la mettre en œuvre. Échangez rapidement avec les personnes concernées, tant qu’il est encore possible de faire évoluer la proposition.
Repérez les principales parties prenantes
Adaptez la participation à la nature du changement. Une légère modification des pratiques d’une équipe ne nécessite pas forcément les mêmes interlocuteurs qu’une évolution d’un système partagé ou d’un processus réglementé.
| Partie prenante | Contribution |
|---|---|
| Responsable du processus | Répond des résultats du processus et des décisions relevant de son périmètre |
| Personnes qui réalisent le travail | Expliquent le déroulement concret du processus et les conséquences possibles du changement proposé |
| Managers | Aident à coordonner les capacités, les priorités et les remontées de problèmes |
| Équipes informatiques ou responsables des systèmes | Évaluent les dépendances, les accès et les modifications techniques nécessaires |
| Finance | Examine les hypothèses financières et les conséquences budgétaires, le cas échéant |
| Spécialistes de la conformité ou des risques | Repèrent les obligations et les risques liés au processus |
Clarifiez les responsabilités. Le guide RACI des processus explique comment distinguer les rôles Responsable, Approbateur, Consulté et Informé. Confiez la responsabilité de la décision à une personne qui a l’autorité nécessaire, et non à un groupe.
Associez-les dès le début
N’attendez pas que le plan soit terminé pour demander leur avis aux personnes qui réalisent le travail. Leur expérience peut faire ressortir des exceptions, des transferts de responsabilité et des contraintes pratiques qu’un modèle de processus ou un journal d’événements ne révèle pas toujours.
En les associant dès le début, vous pouvez :
- Vérifier que les constats correspondent à la réalité du quotidien.
- Comprendre les conséquences du changement proposé pour les différents rôles.
- Repérer les dépendances avant qu’elles ne deviennent des obstacles.
- Permettre aux personnes concernées de faire part de leurs réserves et de proposer d’autres solutions.
Écouter ne signifie pas que chaque suggestion sera intégrée au projet. Cela vous permet toutefois d’expliquer quelles contributions ont fait évoluer le plan et pourquoi d’autres idées n’entrent pas dans son périmètre.
Attribuez clairement les responsabilités
Désignez la personne responsable du résultat et celle qui coordonne le travail. Il peut s’agir de la même personne, mais la distinction doit être claire.
Pour chaque action, indiquez qui en est responsable, qui doit l’approuver et qui doit être consulté ou informé. Donnez à la personne responsable une autorité à la hauteur de ses responsabilités. Si elle ne peut pas obtenir les décisions ou les ressources nécessaires au plan, convenez d’une procédure d’escalade.
Les analystes peuvent rendre les éléments de preuve plus faciles à comprendre, mais ils ne devraient pas avoir à prendre en charge les décisions opérationnelles, sauf si cela relève de leur rôle. Il revient au responsable du processus et aux décideurs concernés de déterminer les changements à apporter.
Étape 2 : hiérarchisez les possibilités d’amélioration
Vous aurez peut-être plus d’idées que votre équipe ne peut en mettre en œuvre à la fois. Une méthode de notation cohérente vous aide à les comparer, à expliquer les compromis et à ne pas retenir une idée uniquement parce qu’elle est facile à présenter.
Choisissez les critères d’évaluation
Évaluez chaque possibilité selon des critères qui tiennent compte du résultat attendu et du travail nécessaire. Convenez de l’échelle avant de noter les idées, afin qu’une même note ait la même signification pour chacune.
Voici un modèle pratique, dans lequel chaque critère reçoit une note de 1 à 5 :
| Critère | Pondération | Signification d’une note élevée |
|---|---|---|
| Valeur attendue | 40 % | Le changement pourrait améliorer sensiblement la métrique cible pour une part importante des cas |
| Effort | 25 % | Le changement nécessite relativement peu de travail de mise en œuvre, de coordination ou de formation |
| Risque et réversibilité | 20 % | Le changement présente peu d’inconvénients potentiels et les problèmes sont détectables ou le changement peut être annulé si nécessaire |
| Adéquation stratégique | 15 % | Le changement contribue à une priorité organisationnelle ou opérationnelle convenue |
Pour l’effort, le risque et la réversibilité, une note élevée correspond à une situation plus favorable : moins d’effort, moins de risques ou une annulation plus facile. Ainsi, le sens de l’échelle reste cohérent : plus la note est élevée, plus la possibilité est intéressante.
Multipliez chaque note par sa pondération, puis additionnez les résultats. Par exemple, une possibilité notée 4 pour la valeur, 3 pour l’effort, 4 pour le risque et la réversibilité, et 5 pour l’adéquation stratégique obtient le score suivant :
- Valeur attendue : 4 × 40 % = 1,60
- Effort : 3 × 25 % = 0,75
- Risque et réversibilité : 4 × 20 % = 0,80
- Adéquation stratégique : 5 × 15 % = 0,75
- Total : 3,90 sur 5
Le score vous aide à comparer les possibilités, mais ne prend pas la décision à votre place. Consignez les éléments qui justifient chaque note, surtout lorsqu’elle repose sur une estimation. Si deux possibilités obtiennent des scores proches, comparez leurs dépendances, leur calendrier et leurs conséquences, plutôt que de considérer un faible écart comme déterminant.
Utilisez une matrice de priorisation
Représentez la valeur attendue en fonction de l’effort pour faciliter l’examen des compromis :
| Fonctionnalité | Effort réduit | Effort important |
|---|---|---|
| Valeur élevée | Gains rapides à valider et à planifier | Changements stratégiques nécessitant un sponsor, la gestion des dépendances et un plan détaillé |
| Valeur faible | Travaux complémentaires si les ressources le permettent | À retirer généralement de la liste des priorités |
La matrice facilite la discussion, mais ne remplace pas vos critères de notation. Un changement peut sembler facile à mettre en œuvre tout en présentant des risques pour la conformité ou les clients. Vérifiez ces contraintes avant de vous engager.
Équilibrez gains rapides et changements stratégiques
Les gains rapides peuvent vous aider à tirer des enseignements et à montrer les progrès accomplis, mais ils ne doivent pas écarter des changements dont la valeur à long terme est supérieure. Les changements stratégiques peuvent demander davantage de coordination, de travail sur les systèmes ou d’approbations. Rendez ces efforts visibles au lieu d’écarter une possibilité en la jugeant « trop difficile » sans l’avoir examinée.
Un portefeuille équilibré peut associer un petit changement facile à tester à une possibilité plus ambitieuse qui nécessite un sponsor et davantage de préparation. Le bon équilibre dépend des capacités disponibles, des risques et des résultats que votre organisation s’est engagée à atteindre.
Consignez vos décisions
Pour chaque possibilité, consignez brièvement la décision :
- Le problème et la situation de référence retenue.
- Le résultat attendu et les éléments qui justifient votre estimation.
- Les notes, les hypothèses et les personnes qui les ont examinées.
- Les raisons pour lesquelles vous avez retenu, reporté ou écarté cette possibilité.
- Les éléments qui pourraient vous amener à revoir la décision.
Cette trace facilite l’explication des priorités lorsque la situation évolue. Elle vous permet aussi de comparer plus tard les bénéfices attendus aux résultats obtenus.
Étape 3 : établissez le plan de mise en œuvre
Une fois la possibilité retenue, transformez-la en un plan qui relie le résultat visé aux tâches précises, aux responsables et aux étapes de décision.
Définissez les objectifs et les mesures
Précisez ce qui doit changer, comment vous le mesurerez et ce qui doit rester stable. Indiquez notamment :
- Métrique cible : le résultat que vous souhaitez améliorer.
- Situation de référence : la valeur de départ, la période de mesure et la définition des cas.
- Objectif : le résultat visé et les hypothèses sur lesquelles il repose.
- Métriques de contrôle : les autres résultats à préserver, par exemple la qualité, la conformité ou la charge de travail.
- Moment de mesure : la date et la méthode d’évaluation du résultat.
Par exemple : « Réduire le délai d’attente moyen avant approbation, de la valeur de référence mesurée de 48 heures à 24 heures dans les trois mois suivant la mise en œuvre. » Considérez cet objectif comme une cible, et non comme un résultat garanti. Vérifiez que la situation de référence repose sur une population de cas définie de manière cohérente et que l’objectif n’incite pas à omettre des contrôles nécessaires.
Répartissez les tâches, les responsabilités et le calendrier
Décomposez le changement en tâches dont une personne peut être responsable. Pour chacune, indiquez :
- Ce qui doit être fait.
- La personne responsable et celle qui approuve.
- Les étapes préalables.
- Les systèmes, équipes ou ressources concernés.
- La date prévue d’achèvement.
- La manière de confirmer que la tâche est terminée.
Le calendrier doit faire apparaître les dépendances et les étapes de décision, et pas seulement une date de lancement cible. Si le changement dépend d’une mise à jour du système, d’un examen des règles ou d’une formation, prévoyez ces étapes au lieu de supposer qu’elles se dérouleront automatiquement.
Repérez les risques et les mesures d’atténuation
Demandez-vous ce qui pourrait empêcher le changement de fonctionner ou créer un nouveau problème. Examinez notamment :
- Les cas qui ne suivent pas le parcours prévu.
- Le transfert de travail à une autre équipe ou à une autre étape du processus.
- Les changements de charge de travail, de qualité ou d’expérience client.
- Les dépendances liées aux systèmes ou aux données.
- Les difficultés d’adoption ou le manque de clarté des consignes.
- La manière de détecter les problèmes et de suspendre ou d’annuler le changement.
Désignez une personne responsable de chaque risque important. Sans responsable ni condition de déclenchement, une mesure d’atténuation ne constitue pas encore un plan.
Confirmez l’accord des parties prenantes et les responsabilités
Avant le début de la mise en œuvre, vérifiez que le responsable du processus et les décideurs concernés s’accordent sur le périmètre, les mesures, les responsabilités et la procédure d’escalade. Assurez-vous que les équipes concernées comprennent ce qui va changer et à qui signaler les problèmes.
Si les approbations, les ressources ou les travaux techniques ne sont pas encore définis, faites-les apparaître comme des dépendances. Ne présentez pas le plan comme prêt à être lancé tant que les personnes responsables de ces décisions ne l’ont pas approuvé.
Étape 4 : testez le changement avant son déploiement
Un changement proposé est une hypothèse. La simulation vous permet d’examiner les effets possibles d’une modification modélisée sur le processus avant de la déployer en production. Elle ne garantit pas le résultat réel : associez-la donc au jugement opérationnel et à un plan de mesure après la mise en œuvre.
Modélisez le changement proposé
Représentez le processus cible dans un modèle, par exemple un diagramme BPMN, et explicitez vos hypothèses. Examinez le traitement des exceptions, en plus du parcours prévu. Déterminez qui réalise chaque tâche nouvelle ou modifiée et de quelles informations cette personne a besoin.
Un modèle peut révéler les lacunes d’une proposition avant que vous ne la testiez. Par exemple, une nouvelle étape d’approbation peut réduire un type de risque, mais allonger les délais d’attente ou créer une file ailleurs.
Testez différents scénarios « et si »
Utilisez la simulation des processus pour comparer un modèle proposé à la situation de référence issue du Process Mining. Grâce à l’analyse « et si », testez des scénarios susceptibles de modifier le résultat, par exemple des volumes de cas, des répartitions de cas ou des disponibilités de ressources différents.
Examinez les hypothèses de chaque scénario. Si le modèle suppose une capacité ou un comportement que votre équipe ne peut pas fournir, le résultat ne constitue pas une base réaliste pour prendre une décision.
Simulez le changement avant de le mettre en œuvre
Vérifiez si les goulots d’étranglement se déplacent
Un changement peut réduire l’attente à une étape et l’augmenter à une autre. Examinez l’ensemble du processus, et pas seulement l’activité que vous souhaitiez améliorer. Repérez les nouvelles files d’attente, les transferts supplémentaires, les reprises et les effets sur les métriques de contrôle.
Si la simulation montre que le goulot d’étranglement se déplace, déterminez si la nouvelle situation reste acceptable. Vous devrez peut-être revoir la proposition, tester un autre scénario ou renoncer au changement.
Que faire si la simulation contredit l’analyse de rentabilité ?
Si la simulation ne confirme pas le bénéfice attendu, réexaminez l’analyse de rentabilité au lieu d’ignorer le résultat. Commencez par vérifier les hypothèses et les données d’entrée :
- Le modèle représente-t-il le processus proposé et ses exceptions ?
- La situation de référence porte-t-elle sur les mêmes cas et la même période que l’analyse de rentabilité ?
- Les hypothèses concernant les ressources, les volumes et la répartition des cas sont-elles réalistes ?
- Le bénéfice attendu est-il lié à une métrique que la simulation peut représenter ?
Si les hypothèses sont valides, mettez à jour l’analyse de rentabilité. Vous pouvez revoir l’objectif, tester une autre conception ou abandonner la proposition. Si l’analyse repose sur un bénéfice que le modèle ne peut pas représenter, comme une amélioration qualitative de la conformité ou de l’expérience client, indiquez-le séparément et définissez comment vous l’évaluerez.
Ne modifiez pas les hypothèses dans le seul but d’obtenir un résultat favorable. Consignez ce que la simulation confirme, ce qu’elle ne permet pas de confirmer et les éléments de preuve qu’il vous reste à recueillir.
Étape 5 : communiquez le changement
Même un changement techniquement bien conçu peut échouer si les personnes concernées ne comprennent pas ce qui change ni comment s’y adapter. La communication doit faire partie du plan de mise en œuvre, et pas se limiter à une annonce finale.
Présentez le changement de manière concrète :
- Qu’est-ce qui change et qu’est-ce qui reste inchangé ?
- Pourquoi apportez-vous ce changement ?
- Quels rôles, cas ou équipes sont concernés ?
- Quand le changement entre-t-il en vigueur ?
- Où trouver les consignes ou signaler une difficulté ?
- Comment saurez-vous si le changement fonctionne ?
Adaptez le message à son public. Les dirigeants ont besoin de connaître la décision, les risques et les mesures retenues. Les personnes qui réalisent le travail ont besoin de consignes claires, d’une formation si nécessaire et d’un moyen de signaler les problèmes. Les managers doivent savoir ce qu’ils doivent faire respecter et quand faire remonter une difficulté.
Communiquez aux moments importants : avant le changement, à son entrée en vigueur et lorsque vous disposez d’éléments sur ses effets. Soyez clair sur les incertitudes. Si un projet pilote ou une simulation n’a pas permis d’établir le résultat final, ne présentez pas le bénéfice attendu comme déjà obtenu.
Étape 6 : mesurez et pérennisez le changement
La mise en œuvre ne marque pas la fin du travail. Comparez les résultats à la situation de référence, vérifiez l’absence d’effets indésirables et poursuivez le suivi afin de repérer toute régression ou évolution du contexte.
Comparez les résultats à la situation de référence
Utilisez la même définition des métriques, la même population de cas et la même méthode de mesure que pour établir la situation de référence. Comparez des éléments équivalents et notez toute évolution des volumes, de la répartition des cas ou des conditions opérationnelles susceptible d’influencer le résultat.
Posez-vous les questions suivantes :
- La métrique cible a-t-elle évolué dans le sens attendu ?
- Une métrique de contrôle s’est-elle dégradée ?
- Le changement a-t-il eu un effet sur tous les cas concernés ou seulement sur une partie d’entre eux ?
- Les résultats observés restent-ils cohérents dans le temps ?
- Quelles hypothèses ou conditions ont changé après le déploiement ?
Si le résultat est inférieur aux attentes, vérifiez si le changement a été mis en œuvre comme prévu, si la mesure est comparable et si d’autres facteurs ont influencé le processus. L’écart entre les résultats attendus et observés vous aidera à déterminer ce qu’il faut examiner ensuite.
Mettez en place un suivi régulier
Après les premiers contrôles de mise en œuvre, définissez une fréquence de suivi régulière. Utilisez des Dashboards et des KPI pour rendre les mesures visibles aux personnes responsables du processus. Le guide de suivi explique comment suivre les performances du processus dans le temps.
Convenez de ce qui constitue une évolution significative, de la personne chargée de l’examiner et des suites à donner. Le suivi n’est utile que si quelqu’un sait comment réagir aux signaux observés.
Rendez les responsabilités visibles
Donnez au responsable du processus et aux parties prenantes concernées accès aux mesures dont ils ont besoin. Intégrez les résultats aux revues opérationnelles existantes, le cas échéant, et précisez qui doit examiner tout écart.
Si les résultats atteignent l’objectif, communiquez les éléments de preuve et remerciez les personnes qui y ont contribué. Dans le cas contraire, présentez la situation avec transparence et convenez de la prochaine décision. Dans les deux cas, votre organisation en tirera des enseignements.
Intégrez la prochaine possibilité au cycle d’amélioration
Un changement réussi peut révéler un autre goulot d’étranglement ou soulever une nouvelle question. Si le résultat visé n’est pas atteint, il faudra peut-être réexaminer le diagnostic initial ou les hypothèses. Consignez les enseignements tirés et utilisez-les pour orienter la prochaine analyse.
Pour découvrir une démarche d’amélioration plus complète, consultez notre guide sur le cycle DMAIC, de bout en bout.
Qu’est-ce qui fait souvent échouer l’optimisation des processus ?
| Problème rencontré | Mesure à prendre |
|---|---|
| L’équipe poursuit l’analyse sans décideur | Désignez le responsable du processus et convenez de la décision que l’analyse doit éclairer |
| L’équipe retient une idée sans situation de référence claire | Définissez la métrique, la population de cas et la période de mesure avant de fixer un objectif |
| Les parties prenantes interviennent une fois le plan établi | Associez les personnes concernées assez tôt pour repérer les exceptions et faire évoluer la proposition |
| L’équipe choisit un gain rapide sans vérifier les risques | Évaluez les risques et la réversibilité, en plus de la valeur et de l’effort |
| Le plan énumère les tâches sans désigner de responsables | Attribuez la responsabilité, l’approbation et la procédure d’escalade pour chaque action importante |
| L’analyse de rentabilité part du principe que la simulation la confirmera | Utilisez la simulation pour tester les hypothèses et révisez l’analyse si les éléments de preuve ne la confirment pas |
| L’équipe ne mesure que la métrique cible | Suivez aussi des critères de contrôle comme la qualité, la conformité, la charge de travail ou l’impact sur les clients |
| L’équipe annonce le changement sans en accompagner l’adoption | Fournissez des consignes adaptées aux rôles, une assistance et un moyen clair de signaler les problèmes |
| Le suivi s’arrête après le déploiement | Définissez une fréquence de suivi et désignez une personne chargée de réagir à toute évolution des performances |
Ces difficultés ne signifient pas que votre organisation manque d’engagement. Elles indiquent souvent que la décision, les responsabilités ou les mesures n’étaient pas suffisamment claires avant le début de la mise en œuvre.
Quels modèles et listes de contrôle peuvent vous aider à mettre en œuvre un changement ?
Un tableur ou un document de projet peut vous aider à garder la décision et le plan visibles. L’essentiel est de consigner les hypothèses et les responsabilités, et non d’utiliser un outil particulier.
Modèle de matrice de priorisation
Pour chaque possibilité, consignez les éléments suivants :
| Champ | Éléments à consigner |
|---|---|
| Possibilité | Le problème de processus et le changement proposé |
| Situation de référence et objectif | La mesure actuelle et le résultat visé |
| Valeur attendue (1–5) | L’ampleur de l’amélioration possible de la métrique cible |
| Effort (1–5) | Le niveau d’effort nécessaire à la mise en œuvre ; une note élevée signifie moins d’effort |
| Risque et réversibilité (1–5) | Le niveau de maîtrise du risque et la facilité à détecter ou à annuler le changement |
| Adéquation stratégique (1–5) | La mesure dans laquelle la possibilité contribue à une priorité convenue |
| Score pondéré | Valeur × 40 % + effort × 25 % + risque et réversibilité × 20 % + adéquation stratégique × 15 % |
| Décision et justification | Retenir, reporter ou écarter, en précisant la raison et les éventuelles conditions |
Utilisez les mêmes définitions de notation pour chaque possibilité. Conservez les éléments qui justifient les notes afin qu’une autre personne puisse comprendre comment vous avez obtenu le score.
Modèle de plan de mise en œuvre
Créez une ligne pour chaque action ou décision :
| Champ | Éléments à consigner |
|---|---|
| Objectif et métrique | Le résultat que le changement doit influencer |
| Situation de référence et objectif | La valeur de départ, l’objectif et la période de mesure |
| Étape du processus | L’étape concernée par le changement |
| Responsable et approbateur | La personne responsable et celle qui prend la décision |
| Dépendances | Les systèmes, équipes, approbations et ressources nécessaires |
| Calendrier | Les tâches principales, leur ordre et les dates de décision |
| Risques et mesures d’atténuation | Ce qui pourrait mal se passer, comment le détecter et les mesures à prendre |
| Condition de suspension ou de retour en arrière | Le moment où suspendre ou annuler le changement |
| Date de mesure | La date à laquelle comparer les résultats à la situation de référence |
Avant le déploiement
- Confirmez l’identité du responsable du processus et des décideurs.
- Consignez la situation de référence et définissez l’objectif ainsi que les métriques de contrôle.
- Modélisez le processus proposé, y compris les exceptions.
- Testez les scénarios pertinents et consignez les hypothèses.
- Confirmez les responsables des tâches, les dépendances et les besoins de communication.
- Convenez des modalités de suspension ou d’annulation du changement, si nécessaire.
- Planifiez la mesure après le changement.
Après le déploiement
- Utilisez les mêmes définitions des métriques et les mêmes filtres de cas que pour la situation de référence.
- Comparez les résultats réels à la situation de référence et à l’objectif.
- Vérifiez les effets sur les métriques de contrôle et les autres étapes du processus.
- Consignez les résultats inattendus, qu’ils soient positifs ou négatifs.
- Attribuez les actions de suivi et poursuivez la surveillance du processus.
Quelle est la prochaine étape ?
Vous avez défini une possibilité prioritaire et établi un plan de mise en œuvre. Avant toute modification en production, testez le changement proposé par rapport à la situation de référence issue du Process Mining et examinez ce que le modèle permet ou non de confirmer.